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Le lac des cygnes
Est-ce que tu es né dans un lac ?
Non, pourquoi ?
Tu ressembles à un cygne. Sans le vouloir, j'avais passé ma vie au chaud, assis dans un confortable fauteuil, laissant descendre les signes du destin. Patience et abnégation, croire qu'une route se croise deux fois, sans trois frères, fières d'être né au présent.
Quels cygnes ?
Les bleus, les blancs, les rouges, étranges sensations, et peur paisible de sensationnel émotionnelle avenir, je pleur de l'intérieur, sans maudire autrui.
Signe ou cils que l'on déverse en averse, sans inverse sur sa route, aux portes, aux fenêtres, aux sons de nos pas, dans notre marche, yeux baissés où levés.
Quelle importance !
Loin de ce lac, je cherchais au hasard des rencontres la place de l’étoile polaire. Chaque soirs, ma tête se tournait vers le ciel, cherchant la trace de la grande casserole, Tefal où autre remarque. Et parfois je croisais son regard, là, l'âme nuit nu, sans rien cacher, trop de nuage sur mes doutes auraient tout effacé, j'avançais l'œil bleu jour.
Aux côtés de cette toile de fonds, deux chiens de garde jouaient aux feux, sans trop bien comprendre, je n'arrivais pas à en définir la magie des sept longueurs, dans l'illusion, le cœur en fusion le reste du monde restait vague. Juste une idée de tendresse à retrouver, tes bras, demain et ton sourire audace de ma joie intérieur de te reconnaître, femme.
Pourquoi passer des nuits à chercher l'étoile du nord, direz-vous ?
Pourquoi pas cette question, pensais-je ?
Elle m'échappe, et ainsi, je perds mes repères. Pas de nord, trop de mystères, et pourtant Cassiopée, est-là, belle, présente, douce. Elle se laisse deviner, tendre M à l'envers, un univers de problème, quand on est né les pieds parterre, la tête dans l'abstraction, révélation de l'horreur qui sommeil si au tréfonds de soi l'on oublie de parler de ta voie, de ton chemin de mes mains...
Le sud et sa croix, Orion, sa ceinture, Beltégeuse et ses lumières, toutes ces étoiles qui surplombent la constellation du chien, ce chien reste immobile, serein, dominant la situation, sans trop briller. L'animal éclaire de sa présence le toit céleste, sans abois.
Un peu plus loin, la voie lactée se dessinait, se devinait, humeur vache, comme j'aime à laisser dire, et près de ce flot lumineux, ce terrait le geais, l'impuissance de l'éclat, la matière morte, ce monde lointain m'intéressait.
Mais où trouver de la place ici sur terre ?
De l'espace, un rêve dans sa micro-tête, que enfin le monde cesse de tourner à l'envers, oui, mais comment faire autre chose que des commentaires ?
Pour nos enfants, pour que les îles de l'innocence se redessinent, et que le soleil vole de ses propres ailes
Question, toujours une question puis une autre, une route, un chemin et une voix qui ne crache rien, car rien ne né de l'oublie, mais cela tout le monde le sait, alors pourquoi le répéter ?
Au fur et à mesure que le temps s'espaçait. J'ai appris à vivre blanc crémeux, confronté au quotidien des cons, si j'ose dire, au soucis quotidien du mortel. Or cependant, à plat, naïf transpercé, l'univers me montrait que seules mortes les étoiles sont filantes, beauté éphémère belles à craquer, des nerfs sous-entendu.
Mes yeux posaient encore des questions au ciel, mais pourquoi certaines possèdent plus d'éclat, plus grosse, moins lointaines, plus claire, chaude où froide, oui, pourquoi certaines brillent et pas d'autres ?
Sans réponse, je n'avançais aucun mensonge, l'ouest guidait ma route, mon coeur en éveil se serrait devant ces merveilles, j'imaginais un monde sans un maux, triste à en pleurer.
Je me sentais malade d'être guai, né dans un bonheur à exploser, simple, si simple, juste heureux d'exister dans cette vie de trépassés, juste heureux de croiser le regard noir de la mort, et de penser, faut bien passer par là, l'éternité ne vaut pas un rêve, si je mens faîte que j'en crève...
Es-tu né dans un lac ?