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aLa route devient élastique, j’ai faim, froid, soif, et je marche en tentant de dormir. Je crois que la Terre ne tourne plus, je crois que Dieu me montre la face cachée des choses. Je me souviens passer près d’un arbre. Pour moi ma douleur fait que mes lacets s’entrecroisent tous seuls comme par magie et mes pieds se retrouvent scellés ; le tout est embrouillé, tant je suis embrumé. Dans ces moments, je sens toute la violence du monde, et l’insouciance, la force de vie, me fait avancer. Je crois lui parler, j’ai mal, pas pour de faux, pour de vrai. Psychologiquement, je suis vraiment atteint. Je ne sais plus où j’habite, je sais que je dors sur un banc, que je tourne dans la ville. Je sais que je pense à elle, et toujours ce pourquoi qui, lui, ne me quitte pas. Après plusieurs tentatives pour dormir, je suis devant un magasin, le matin, la messe pour moi, j’entre, je vais me servir. Les vigiles me coincent, me voilà pris par la patrouille manumilitari. Sans rien comprendre à la langue, je suis dans un bureau, la police arrive, et je vais être reconduit à l’hôpital, où je vais rester sur une chaise, ligoté. Ma tête est trouble, je voudrais sortir du cauchemar, je voudrais trouver un lit, le confort de ses bras, mais il n’en est rien. Je vais me perdre dans ce labyrinthe, je vais chercher à échapper à la vigilance de mon garde ; combien de temps, de jours vais-je attendre dans cet hôpital que l’on me sauve ? Plusieurs jours. La vague trouble de mon esprit ne me permet pas de comprendre ce qui se passe, je suis douleur, plus qu’un zest de douleur, et en colère. Un vieux mange, je le regarde, j’ai une soupe et je ne sais comment ça se passe, la texture de ce breuvage me dégoutte, je vomis. Pour me calmer, on me pique de force. Je suis dans un couloir, il y a des médecins, des malades, des tas de lits roulants, et je tente de me reposer sur l’un d’eux dans le fond du couloir, impossible. Je vais rester plusieurs jours à attendre que mon passeport fasse son effet, et qu’un médecin vienne me sauver, me tirer de ce monde cruel. Direction, Brest, Bohars, l’hôpital psychiatrique. Je suis content d’être sauvé, mais je vais mal, très mal, et ce nouveau stage ne va pas m’aider à me reconstruire. Aujourd’hui, je tente de vivre avec ma maladie, qui parfois se déclenche par un ras le bol de ma vie. Aujourd’hui, je tente de survivre, de me dire que la vie est belle quand je me lève aux aurores, n’ayant plus rien à espérer du retour de la belle. Je devrais être malheureux mais je le refuse, j’attends un signe du destin, j’attends, une nouvelle rencontre, que je puisse tourner la page, que j’avance, que je vois l’avenir sans qu’il soit une souffrance. Je ne refuse pas mon âge, je refuse seulement de sombrer, de n’attendre que mon dernier souffle s’éteigne, que la mort vienne.

 

Et si ce jour était le dernier, le vent claironne dans le sentier, je me pose souvent la question, pourquoi continuer ?

 

Pour voir le jour, trouver des nouveaux amis, regarder mon chien, mon chat et se dire qu’eux possèdent le temps. Quand j’envisage le monde, je ne vois que mensonge et trahison, pouvoir de papier, de l’or et de l’argent. Triste monde.

 

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