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Parlons plutôt de passion. Le football c’est bien, je suis gardien ou attaquant, le milieu récupérateur ce n’est pas moi, l’arrière non plus, attendre le ballon me va très bien et puis il faut être costaud pour envoyer loin devant soi la balle. Non, un peu singe, dire que j’arrive à garder les buts vierges, ce serait mentir, disons que je me débrouille pas trop mal, j’ai cette folie du gardien, je n’ai pas peur de plonger au risque de me faire mal, alors je sors quelques ballons, et prends du plaisir. En poussin, j’étais devant, je marquais des buts, c’est chouette le ballon fait trembler les filets et toute l’équipe est satisfaite, ça lève les mains, ça se congratule, nous communions. Un jour, j’ai enguirlandé mon gardien, il laissait trop de ballons passer dans la cage, l’entraîneur m’a mis à l’épreuve, j’ai changé de maillot, pas d’équipe et je n’ai plus eu le droit de quitter ce poste qui m’allait comme un gant. On ne court pas de trop, quand on a le ballon, on donne un gros coup de pied dedans pour le faire voler, on plonge dans la boue ou sur le gazon, parfois les graviers, mais il est vrai que j'ai été à bonne école pour plonger même sur des surfaces dures, un peu fêlé, sans aucun doute. Yannick joue à tous les jeux, notre spécialité c’est le Risk, la conquête du monde, et Bornéo, cette île pas loin de l’Australie qu’il faut couvrir de soldats pour conquérir un territoire et augmenter son armée, si l’on veut gagner, l’Amérique du Nord, celle du Sud, l’Asie, sont beaucoup plus difficiles au niveau des frontières, la stratégie qui paye, c’est Bornéo. Souvent, nous jouons à ce jeu quand on ne va pas dans le grenier sur notre circuit de formule 1. Nos petites voitures servent beaucoup, sur un tas de planches, du scotch adhésif pour faire la ligne d’arrivée et de départ, et c’est parti. Senna, Prost, nous sommes des winners, en tout cas, les heures passent sans que le temps ne soit long, nous nous amusons, et puis nous descendons du grenier, de cette machine à rêves, pour nous nourrir de pain, longue baguette, beurre et confiture. Chez Ludo, nous avons du Nutela, hum c’est bon la noisette chocolat ! Yannick découvre la télévision, il aime les publicités, c’est le programme qui lui plaît le plus et comme nous rions en sa compagnie. La couleur est arrivée mais pas la zapette.

 

Revenons à l’extérieur, et au windsurf que je partage avec Olivier. Il est bon, il a plusieurs planches, et le funboard qui porte bien son nom arrive. Jour de tempête, pour l’instant, nous sommes au spectacle d’une bande d'amateurs passionnés qui formeront un club « Les briseurs d’écume ». Hum, le vent dans la voile, la possibilité de se déplacer en sentant l’eau courir sous la coque, quel plaisir ! Nos débuts sont difficiles, et les uns comme les autres, c’est la nage que nous pratiquons finalement le plus, accompagnés d’un poids que l’on traîne. Ça ne va pas vite mais nous assurons seuls notre propre sécurité. Nous traversons l’Aber, arrivons au pays de ma mère, Lampaul-Plouarzel, sans jamais rien lui dire. Je ne voudrais pas être puni par ses propres peurs. L’angoisse, son fruit que je porte en mon sein, ça arrive parfois comme un traître, les jambes tremblent, la peur, et le souvenir de ces rires moqueurs. Je me suis construit sur cette base-là, je n’aurai jamais confiance en moi. Pourquoi ? Je  ne sais pas !

 

Enfance libre et heureuse, ma première déchirure de vraie amitié viendra à cause d'un divorce. Ludo quitte l’Aber, plus tard nous nous retrouverons, mais il est dur de le voir partir au Sud. Portsall, l’école, je me souviens de ces chaussures premier prix qui auront une défaillance sur un terrain de sport stabilisé, les semelles ne tiendront pas une journée. La grande section, m’enfin, petit dans la cour des grands. J’aime bien l’école mais je suis timide et distrait, tout surpris d’être charismatique lorsqu’un conseil de fille me classe second dans un concours improvisé. J’ai des problèmes avec un caïd, il me frappe au derrière, je me bats. Je perds, il est en troisième, je viens d’entrer en sixième B.

 

Au niveau des notes, je ne casse pas des briques, je me souviens juste d’un vingt en physique pour avoir compris le système du va et vient en schéma électrique, un défi du professeur : créer ce schéma sans avoir d’explication. Je suis content et surpris dans ma scolarité, je n’aurai pas souvent de bonnes notes. Le calme, la beauté de la nature, le plaisir d’utiliser des canoës kayak pour visiter le fond de l’Aber, parties de franche rigolade, nous somme auprès de l’eau, nous nous divertissons dessus. Calme, la mer est belle, et quand elle se ride, nous naviguons, nous continuons à nous baigner plus loin que la cale au Crapaud. La bande est créée avec les rivalités qui vont de pair. Moi, je m’en fous, tant que je suis dans l’eau, je vais bien. Nous plongeons du rocher au nom de batracien, je grelotte parfois, je ne saute jamais, c’est la tête en avant que j’aime entrer dans l’eau. Souvent, je teste la possibilité de plonger en premier, je sens que l’on m’observe, et la bande suit, un à un. Le rocher est haut à marée basse, adrénaline assurée lors de la pratique de cet exercice. Courage ? Non ! Inconscience, oui !

 

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