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Pas un chat sur cette île, aucune trace de félin, même pas un sphinx. Par chez-moi, on trouve un rocher appelé ainsi : le sphinx. Il fait penser au désert, sauf qu’il est dans l’eau, des jeunes sautent de sa tête, et des araignées se baignent sous son ombre. Et les chats ? Dans le jardin, sur une chaise, il dort. Incroyable cette faculté de sortir du monde, de se sentir bien, je le vois. Mistigris ce met en boule et il rêve de pigeon. Ce chat dégage une force incommensurable, une tranquillité, après ses courses de la nuit, il se pose sur cette chaise, et puis laisse le temps passer les yeux fermés. Si je le caresse, sa pupille se dilate, il ronronne, et je m’étonne de le voir si paisible. Parfois, je le dévisage. Les yeux dans les yeux je n’arrive pas à percer son mystère. Inutile de le fixer pour tenter de trouver sa source d’inspiration, sa respiration lente me parle plus, il est là dans un espace/temps concret, et sais ce qu’il fait, combien de vie ? Une !

 

Ouessant, pas le moindre chat, pourtant il y a des rats, des rongeurs, et ma sœur. Sur l’île le temps voyage à l’arrêt, un peu comme ses bêtes à bon dieu, et les papillons qui vivent pleinement leur grâce matinée. Des fleurs, des tulipes, des ajoncs, des chrysanthèmes, et des roses, tout un tas de variété donc se moque les chats. Lui, sur la pelouse, il soulève ses pattes. Il traverse le jardin en mimant le cygne qui sort de l’eau. Il a peur de mouiller ses pattes, et avance munie de cette prudence, hors norme. Avez-vous remarqué que les chats n’ont jamais classe ? Je ne sais pas comment ils transmettent leur savoir. Ne pas prendre de bain, ne pas jouer en compagnie d’une pelote de laine trop fragile et prendre le risque de recevoir des coups, et tant d’autres préceptes qu’ils inculquent dans un silence religieux à leur progéniture. Quand on pense que nous nous avons des troubles du comportement à l’école, que les maîtres, les enseignants reçoivent des coups, de couteaux, de barramine, de cutter, et que l’on siffle le drapeau, ou les jupes. Eux, les chats, ils ont de la classe, de l’éducation, mis à part le soir quand ils défendent leur territoire, et que des sons gutturaux sortent de leurs gueules à faire peur ou pleurer une tante asiatique. Le chat est une énigme vivante. Sur quatre pattes, impossible de savoir ce qu’il pense et de le voir danser en écoutant un album de bob Marley. Impassible, la fermeture de l’âme en glissière, ils me laissent songeur, je n’arrive pas à connaître leur fond, bon ou mauvais, chasseur d’esprit, du malin. Le chat est un animal hors du temps, il s’échappe dans un monde onirique. Un monde en technicolor, indolore, et se moque des humains, et de leur sagesse tibétaine. Car eux ils préservent leurs secrets, et je crois qu’ils ont un pouvoir occulte, cette possibilité de transmettre des notes, des fiches d’observation au seigneur des deux rives de l’au-delà. Pourquoi ont-ils horreur de la pluie ? Moi, de mon grenier, j’aime entendre le ruissellement de l’eau, les flips, les flocs sur le toit, la lucarne qui retient l’humidité, et mon sommeil qui se renforce. Eux, les félins, ils évitent de se nettoyer autrement que par la langue. Je regarde, ce chat, mistigris, se lécher le corps, contorsionniste, il arrive à tout enlever, poussière et pollen, entre deux siestes, et une balade au clair de lune.

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