Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
/ / /

J’aime le vent, ses promesses, sa tendresse, sa douceur et délicatesse sur ma peau, je l’entends quand il passe sur les arbres, les feuilles chantent, tiens qu’ouis-je ? Un oiseau répond aux caresses du soleil, il est midi. Dans le jardin le printemps chasse les mauvais maux de l’hiver. L’herbe pousse, les taupent se cachant creusant des nids, soulevant des collines, leurs galeries sous la pelouse et un peu plus loin le son des drisses invitent au voyage. Je rêve d’îles pas de presqu’îles, je veux un caillou perdu sur les flots, un rocher qui hurle sa peine, un lieu hors du temps. L’esprit insulaire, je vogue sur le dos de l’amer pour oublier ma condition humaine, ce ciel qui crève, et moi aussi tel une patate douce, je nage dans un bain sucré, salé. J’aime le bleu, le rouge, le sang et aussi penser que sur ce bout de terre, j’irais droit dans le mur, ouragan qui un jour cesse de penser. Et justement, il suffit d’un nuage capricieux qui déstabilise le monde moderne. Les avions arrêtent de tourner, leur course folle les immobilise sur le tarmac. Un peu de poussière et Paris fait grise mine, les gueules noires rigolent dans leurs cabanes d’argile, l’organigramme se dérègle et donne des sueurs froides. La fête est finie. Islande, terre d’asile d’un volcan au nom imprononçable qui crache son venin et laisse les voyageurs se paumer entre deux adresses. Personnellement, aujourd’hui, je pense poser mon sac à Ouessant y être entouré d’eau, respirer, puis m’y noyer au cœur de la solitude. La sentinelle c’est ainsi que l’on appelle ce bout de terre au ponant, à l’Ouest. Après c’est la manche et les îles britanniques, je voudrais m’asseoir dans un champ compter moutons et papillons, y cueillir une fleur, une mauve une qui sent la rose et les épines d’ajonc. Puis je fermerais les yeux, j’inventerais des visages, pas celle d’une vieille, celle d’une fée qui brillerait de dix mille feux et m’aiderait dans mon bas rôle de naufrageur. Ouessant, et sa côte qui reçoit les vents en pleine figure, ce dernier, artiste, les dessinent ses ours, et autres formes de rochers, ils taillent le granite en expert, et laissent l’innocent s’inventer des histoires. Regardez ce crapaud, cette sirène, ou l’alouette ! C’est quelques siècles de bises, d’amour de brise entre le suroît, rois du continent, et la façade atlantique de cette île, enfin je crois, il est vrai que je me perds facilement, entre l’Iroise, et l’océan. Moi, petit animal terrestre, je voudrais inhaler le sang de Ouessant, y poser mes ailes et y construire un nid quatre étoiles, un de ceux qui ne vous laisse pas le neurone se glacer au nord, sur la grande ours, ou la tête de lion. Je voudrais respirer, oui, simplement respirer ne plus être asphyxié par la tribu des C.O.N.S. ceux qui conduisent les chars modernes, les voitures au gaz dérangeant. Je voudrais sortir de ce monde, prendre un bateau, un petit et mettre les voiles. Pour l’instant, je la regarde, de loin. Je suis sur son versant à quelques milles, mais elle m’attend. Champ, mer, et champ de mer, force de la terre et puis le vent qui s’invite tous les quatre jours du mois à la fête. Il claironne et donne sa force aux roches. Elles fusionnent, s’illuminent tel les phares qui entourent l’île, le Stiff, la Jument, le Créach et Kéréon. Des feux dans la nuit, des étoiles qui scintillent. Des rêves qui s’étiolent, et la pétole qui enlise l’âme et laisse l’hameçon au corps. Il perce les entrailles, déchire les doigts, et tue le congre. J’ai faim. Ce soir, je vais manger de cette sale bête. J’ignore pourquoi je l’invective, peut-être pour un délit de sale gueule, quand je l’ai vu la queue coupée pissant le sang et les dents qui rayaient la table du jardin. Peut-être est-ce à cause de sa couleur, gris pâle, son corps flasque, et sa puissance.  Peut-être est-ce à cause de ma faiblesse, moi qui tourne de l’œil en voyant ce rouge qui s’échappe, nul ne le sait et même pas moi. Je devrais me taire, fuir, ne plus trahir et laisser mes ennuis sur la blessure de mon âme, mais je vais parler, et dire ce que je pense. Á demain.

Partager cette page
Repost0